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Less is More : comment le Minimalisme appliqué au Design renforce l’efficacité du message.

Vous l’aurez peut-être déjà remarqué : dans l’Art ou dans l’Architecture, on a tendance à passer d’un extrême à l’autre. Ainsi les courants basculent depuis des siècles entre rococo et dépouillement, extravagance et sobriété, comme si une époque accumulait des couches et qu’en en changeant, les nouveaux protagonistes avaient besoin de faire table rase. Dans le design, c'est pareil !

L'histoire sans fin

“La simplicité est la sophistication suprême.” – Leonardo da Vinci

Pour faire court, en 2000 ans nous sommes passé de l’Art Roman au gothique, puis gothique flamboyant qui sera balayé par le style renaissance se détournant des acquis du moyen-âge pour revenir au dépouillement des canons antiques.

Et le cycle continue : la renaissance laisse place au Baroque, puis au Rococo avant de revenir vers le Classicisme.

150 ans plus tard l’Art Nouveau apparaît, avec toute la richesse et la complexité qu’on lui connaît, puis s’opère une nouvelle rupture avec les mouvements d’Art Modernes dans les années 20.

Le minimalisme dans l'architecture

L’école du Bauhaus : supprimer l’inutile

Dans les années 30, la société de consommation connaît un essor fulgurant, faisant apparaître de nouvelles problématiques économiques et sociales. Les designers du Bauhaus tentent d’y répondre en plaçant l’humain au cœur de leurs créations. Ils proposent une production standardisée, utilisable et appréhendable par tous.

Bauhaus : supprimer l'inutile

Le style a fortement influencé le design moderne, car il a développé l’idée qu’un produit pouvait être à la fois simple, esthétique, fonctionnel et accessible au plus grand nombre.**

“ Form follows function ” - Louis Sullivan -

objets et UX

“Less is More “

Less is more est une maxime minimaliste que l’on pourrait traduire par “moins c’est plus”.

Popularisée par Mies Van der Rohe (architecte allemand), elle pose les bases de l’Art minimal, puis s’imposera comme une tendance dans différents domaines tels que l’architecture, la musique, la littérature… et le design graphique !

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Le style Suisse

Il apparaît dans les années 50-60, et se caractérise par l’emploi de la grille ainsi que d’une recherche absolue de lisibilité. La mise en page est structurée et tous les éléments décoratifs supprimés, afin de délivrer les messages le plus efficacement possible. On lui doit la légendaire police d’écriture Helvetica.

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Minimalisme et Communication Visuelle

Simplifier pour mieux impacter

Aller à l’essentiel, se passer du superflu

Aujourd’hui cette tendance est très populaire, mais que ce soit en art, en architecture ou en design graphique, le secret du minimalisme réside dans notre capacité à faire des choix.

En identité visuelle, modernité oblige, le graphisme minimaliste sera adopté par beaucoup d’entreprises durant la seconde moitié du XXe siècle.

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“ La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer. ” - Antoine de Saint-Exupéry

Ancrage de l'image de marque

Beaucoup utilisent le minimalisme pour simplifier leur message et ainsi imposer leur image. Ce sont souvent des marques très connues et facilement reconnaissables par le grand public.

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En détournant le "+" et en jouant avec les codes de la Pop Culture, Canal + fait figurer plusieurs longs-métrages de manière explicite et humoristique.

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“Less is more” dans le design numérique

Placer l’utilisateur au coeur des enjeux

Se poser les bonnes questions et y répondre de la meilleure façon.

Pour arriver à l’essentiel, il faut supprimer certains éléments, objets, fonctionnalités… Lesquelles sont indispensables ? Lesquelles seront inutiles ?

Cela impose de prendre du recul, regarder les choses sous un autre angle, questionner les standards, et déterminer si ces soustractions sont capables de nous apporter plus.

Le Flat Design

Flat

Jusqu’à la fin des années 2000, la tendance est au skeuomorphisme (utilisation d’éléments travaillés, inspirés du réel). Le Flat Design prend le contrepied de cette démarche. En supprimant tous les éléments superflus, le rendu est très épuré et lisible. En simplifiant, on gagne en impact et en élégance.

Material Design : une approche matériel Minimaliste

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Les éléments imitent le papier et se comportent comme tel : opaques, plats et superposés avec un axe Z différent. L’objectif est d’harmoniser l’expérience utilisateur sur toutes les plateformes, avec une navigation plus fluide sur ordinateur ou mobile. En créant des éléments directement dans le code, il est propice à l’évolution du web design.

Distraction free

En webdesign, la tendance “Less is more” est proche de la notion de “distraction free reading experience” (Adrian Zumbrunnen), qui consiste à enlever toutes les distractions des interfaces, pour ne garder que l’essentiel et rester concentré sur le message.

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En e-commerce, ce sujet est d’autant plus complexe. Comment répondre aux enjeux de transformations ou de performances de ventes d’un site ?

Certaines interfaces minimalistes répondent parfaitement au principe du “Less is more“. Le site de Tinker Watches par exemple.

Du Minimalisme à l’Ultra-minimalisme

Bigger and Bolder

L’ultra-minimalisme se traduit par :

  • Des titres de grande taille avec des caractères gras
  • Des icônes toujours plus simples (Lineal)
  • Quasiment pas de couleur

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Pour sa page de recherche, Airbnb a même supprimé l’utilisation de photos et d’une barre de recherche au profit d’une pleine page blanche avec des titres bigger & bolder. Attention tout de même à l’effet pervers de cette “hyper-simplification” qui pourrait amener à la standardisation des applications.

Faire appel à l’intuition

Utilisation créative de l’espace

Elle permet de mettre en avant le contenu grâce à un mouvement bien travaillé où la forme s’efface pour laisser s’exprimer le fond.

La fluidité et le dynamisme du scroll permettent de guider l’œil et de mener la navigation de manière intuitive. Cette tendance se concentre plus sur la composition et l’UX.

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Quand le Minimalisme dérange

Cela ne vous aura pas échappé, depuis quelques années la plupart des grandes marques se conforment aux standards du Minimalisme (Google, Dropbox, Facebook, Apple, …)

Les GAFA ont lancé la mode, et l’on se demande aujourd’hui si certaines marques ne choisissent pas cette voie lisse et impersonnelle pour se faire une place dans la cour des “Grands”.

Uber fait table rase

La nouvelle identité d’Uber dévoilée en septembre dernier, positionne la marque au paroxysme de cette tendance ultra minimale et dénuée de superflux.

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Une typographie bâton fortement inspirée du style Suisse, uniquement déclinée en noir et blanc, et une iconographie directement inspirée des signalétiques de gares ou d’aéroports.

Mais pourquoi choisir cette neutralité déconcertante, alors que la force même d’une identité est de se démarquer pour être reconnue ?

Il paraît évident qu’Uber a acquis suffisamment de notoriété aujourd’hui pour se permettre d’assumer cette aseptisation identitaire et privilégier la fonction à la forme.

Ainsi, la typographie universellement reconnaissable dévoile un message accessible à tous, sans connotation politique ou culturelle. Il faut dire que la marque avait bien besoin de relisser son image après toutes les polémiques qu’elle a suscité ces dernières années !

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Pourtant, derrière cette identité d’une apparente simplicité, se cache un travail de composition et d’animation extrêmement léché qui vient non seulement appuyer le message pour le rendre d’autant plus visible, mais aide également à la lisibilité et à l’accompagnement de l’utilisateur.

minimalisme

Je conclurais en soulevant 2 paradoxes étroitement liés à cette tendance Minimaliste :

  • 1/ En voulant simplifier le message à l’extrême ne risque-t-on pas de créer une normalité pauvre et ennuyante, qui par son manque de diversité peut engendrer un amalgame entre différentes marques et les desservir ?
  • 2/ Faire simple, c’est compliqué.

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